Horreur et damnation

Peu représenté et mal aimé, l’horreur refait son trou avec succès dans les séries télés. Il faut dire que le genre cinématographique est assez décrié par le grand public. Réputé violent, malsain et souvent réduit (à raison) à un cinglé trucidant de jeunes blondes à forte poitrine sans véritable motif. Seuls les irréductibles, leur édition de Mad movies sous le bras se pressent encore pour regarder ces films tourné en Europe de l’Est avec un mini budget pour des sorties directement en DVD.

Les séries étant une sensation à la mode, horreur et épouvante se conjuguent désormais à la télévision. Normal, le cinéma d’horreur et d’épouvante a connu son apogée dans les années 70 et aujourd’hui c’est cette génération de téléspectateurs qui crée les séries télés.  True blood, The walking dead, Vampire diaries ou plus récemment la bien nommée American horror story sont devenues des séries qu’il faut voir pour être à la mode. Issues pour la plupart du circuit câblée, ces séries bénéficient d’une excellente presse et d’une crédibilité inespérée. Devant durer sur la longueur, elles sont obligées d’étoffer leur scénario et ne pas se limiter à un tueur sadique caché dans les bois. Revers de la médaille pourrait on dire, pour s’attirer le public avide de sensations (mais pas trop), ces séries refusent le glauque sordide rempli d’hémoglobine de leurs aînées cinématographiques. Ça peut être décevant dans une certaine mesure. Si ces séries ont gagnés en chic, elles ont perdus le style gros nanars du pourtant culte Contes de la crypte.

Il manque aussi à ces séries de vrais grands méchants charismatiques comme le cinéma a su en créer. En clair, ça manque d’un Freddy, d’un Jason devenus des figures entrés dans la culture populaire. Il y a bien eu John Wakefield dans Harper’s island, le rubber guy dans American horror story ou le charismatique roi Russel Edgington dont l’allocution télévisée reste dans toutes les mémoires des fans de True blood. Le problème, ces personnages ne font pas peur. Et plus généralement ces séries télés d’inspiration horrifique ne font pas peur. Elles ne vous prennent pas aux tripes, ni regarder sous votre lit une fois l’épisode terminé. C’est pourtant la base des films d’épouvante. Les séries ont encore du chemin à parcourir de ce côté là pour nous faire sursauter d’effroi dans notre fauteuil, comme un bon vieux film d’horreur.

Chuck : Here a few things you might need to know

C’est toujours bizarre la fin d’une série et toujours aussi compliqué d’en parler. Se dire, après ça il n’y aura plus rien. On aimerait prolonger le bonheur encore un petit peu. Rester un peu plus longtemps avec Chuck et Sarah assis sur la plage. Avec Chuck, on a eu de la chance. Née quelques mois avant la célèbre grève des scénaristes de 2007, la série aurait pu ne pas vivre longtemps. Tel Big Mike accroché à son sandwich Subway, la série s’est accrochée à NBC qui saison après saison a continué à soutenir la petite équipe du Buy more. Je n’ai pas été conquis dès la première minute, il m’a fallu du temps pour devenir complètement accro. Pour ça, il m’aura fallu attendre l’année dernière de l’histoire autour de Volkoff. A l’inverse, j’ai vite compris que Chuck était une série spéciale. La série avait un vrai supplément d’âme et a crée une réelle complicité avec son public, si réduit soit il. Un petit groupe spécial de personnes. S’appuyant sur univers geek ultra référencé en pop culture, Chuck a réussi le mélange parfait d’espionnage, romance et de comédie souvent loufoque sans tomber dans le ridicule.

Mine de rien, la série a bénéficié d’une sacré équipe. Aucun personnage gonflant au point de vouloir passer en avance rapide. Okay, il y avait grand mère Ellie. Mais je ne peux pas dire du mal d’une ancienne d’Everwood, c’est contre ma religion. Paradoxe, sans se soucier de son audience, Chuck s’est constitué à un solide carnet d’adresses en invitant les figures emblématiques des années 80-90 (James Bond, Sarah Connor, Ivan Drago, Superman, Freddy Krueger,…). Idée absolument géniale pour revisiter les grands classiques de mon enfance et adolescence. On sent que derrière, Josh Schwartz et co se sont faits plaisir et ce fut communicatif.

Bref même si Chuck n’a jamais fait partie de mes séries favorites, monsieur et madame Carmichael vont me manquer, terriblement me manquer. Merci, merci pour les délires de Jeffster, les missions improbables, baby Clara, la barbe de Morgan, les grognements de Casey et le chassé croisé amoureux entre Chuck et Sarah. Il est désormais l’heure d’éteindre l’intersect, Well done, team !

Spartacus : Enfants non admis (Season premiere)

Je n’ai pas regardé la première année de Spartacus, ni sa préquelle. Nouvelle saison, nouveau Spartacus, c’était le moment idéal pour prendre le train en marche. Je fais rarement cela, il y a un début à tout.

De Spartacus, je connaissais sa violence et le sexe et le film de Stanley Kubrick avec Kirk Douglas. J’en ai eu pour mon argent. La série est effectivement ultra violente. D’abord impressionné par son style particulier, cette violence devient vite dérangeante. La série ne peut s’empêcher d’en rajouter des tonnes, y compris lors de la mort d’un personnage censée être émouvante tournant à du Evil dead. Une violence gratuite, assumée, devenue le label de la série. Il ne faut pas s’en offusquer, si on regarde Spartacus, c’est pour ça, pas pour son scénario minimaliste. Le sexe a mis du temps à arriver, jusqu’à cette orgie gigantesque. A la limite de ce que l’on peut montrer avant de tomber dans du porno. Comme pour condamner cette jouissance extrême, elle se termine dans un bain de sang des plus choquants.

Le nouveau Spartacus, je n’ai aucun point de comparaison avec feu Andy Whitfield et je l’ai trouvé très convaincant. Super viril, un regard de tueur pouvant chavirer le cœur des femmes faisant abstraction à la bestialité du personnage, un peu trop torturé à mon goût. Mais la grosse claque de cet épisode, c’est Xena ! Lucy Lawless est impressionnante en Lucretia traumatisée par la dernière virée de Spartacus et ses potes. Trop souvent caricaturée comme une actrice de seconde zone, elle est ici époustouflante.

Voilà pour mes impressions à chaud. Je n’attendais pas autre chose de Spartacus et en cela je n’ai pas été déçu. Ce premier épisode de la saison correspond pile poil à l’image que je me faisais de la série. De là à regarder par la suite, je ne vais pas me prononcer dans l’immédiat, mais c’était au moins à voir une fois. Le reste arrivera peut être plus tard si j’en éprouve l’envie. Alea jacta est.

Pilot : Touch, touche pas à mon Kief

Je ne voulais pas de Touch dans la grille de la Fox. Ma raison est personnelle, je n’ai pas encore fait le deuil de 24. C’est encore trop tôt pour voir le Kief dans un rôle différent. Pour moi, il reste Jack Bauer, l’homme à la vessie d’acier.

Pour commencer le pitch de Touch est hautement improbable (comme l’apparition de Danny Glover). Un enfant autiste communique à l’aide de nombres pour aider des inconnus, avec l’aide de son Jack Bauer de père. Faut pas chercher, c’est du Tim Kring, l’homme derrière Heroes.

La question n’est pas de savoir si j’ai aimé. Touch est bien réalisé, sur le mode des six degrés de séparation les différentes histoires s’entrecroisent astucieusement, le message est positif et dégage une certaine poésie. Si je prends le schéma du pilot pour acquis, chaque épisode racontera plusieurs histoires interconnectées dont seul le téléspectateur connaît le lien. Cette dimension est pour moi la touche la plus intelligente. ça peut trouver son public sans grosses complications  Le fait est, je trouve Touch sans intérêt. Je n’ai pas envie de bloquer une heure dans ma journée par semaine pour regarder cette série. Il y a beaucoup mieux à regarder.

Avare pour dévoiler ses émotions dans 24, Kiefer Sutherland dévoile une palette complètement différente dans cette nouvelle série. Et s’il a pris un sérieux coup de vieux dans la tronche, il n’arrive pas à me faire oublier Jack Bauer. Lors de son entrée dans la gare de Grand central à New York, ça m’a manqué de ne pas le voir courir dans n’importe quelle direction, arme à main en gueulant « Put your hands on the air ! ». Et oui, il n’y a pas plus cool que Jack Bauer. Dommage pour toi Martin Bohm (son personnage) car sans la présence de Sutherland, je ne me serais pas retourné sur la série. Pas besoin de jouer avec les nombres et de faire trois fois le tour de la Terre pour le savoir. Un battement d’ailes à New York et près le 6000 km plus tard, j’éteins ma télévision.

House : Quoi de neuf en 2012, doc ? (8×09)

Après une longue absence, House nous revient. Le cru 2011 de la saison 8 n’avait pas été fameux. En sera t’il autrement en 2012 ? House me fait penser aux zombies de The walking dead. La série est debout, elle marche… ah oui et elle est morte. La Fox continue d’entretenir le mystère sur la suite de la série. Pas un bon signe, elle avait la même attitude face à 24 il y a quelques années. Elle est plus honnête avec Fringe. Soyons un peu sérieux, que peut encore apporter House ? On a fait le tour du personnage et ce 10e épisode ne dit pas le contraire. Une nouvelle querelle de clocher avec Foreman, un petit jeu avec son pote Wilson pour prouver combien House est trèèès malin. Oui, vous le sentez, l’attitude du super docteur commence à m’agacer. Huit saisons, ça use à la longue. Pas grave, comme le patient, j’aurai oublié son histoire dans deux, trois jours. Tant mieux, ça n’était pas fameux. La vraie problématique de House c’est son audience. La série possède encore des audiences correctes et ça peut être un atout non négligeable. Elle sert ainsi de parfaite rampe de lancement à Alcatraz. La série peut donc encore être utile une saison supplémentaire à la Fox. Si j’ai adoré la série par le passé, cette perspective ne m’enchante guère. Mon avis n’a pas changé sur la question en 2012. Faut savoir s’arrêter. Stop !