Ah ce titre aurait été bien mieux pour un épisode de Grey’s Anatomy mais bon. Aujourd’hui, bilan de la saison 1 de Magic City, annoncée comme la version Starz de Mad men, une série pleine d’ambitions mais qui peine quand même à séduire. Elle est pourtant dotée d’un casting de rêve avec en tête de liste le toujours séduisant Jeffrey Dean Morgan (Denny Duquette ou John Winchester selon les goûts) et la sublime Olga Kurylenko (femme fatale et polyglotte). Les décors sont magnifiques et la bande son ne décolle pas le tympan.
La famille Evans vit à l’hôtel de luxe Miramar, qui comme son nom l’indique, offre une vue imprenable sur la mer. Ike Evans, le paternel, est le maître des lieux, bien qu’il doive composer avec son partenaire mafieux, Ben Diamond, dit »le boucher ». Son fils aîné, Steve, est l’amant de madame Lily Diamond, la femme de Ben, et accessoirement barman. Danny, le cadet, veut devenir procureur. Vera, la seconde femme de Ike tente de se faire sa place dans un milieu hostile. Il y a aussi le grand-père, la benjamine et l’ancienne belle-soeur de Ike mais bon, ce n’est pas comme s’ils étaient important.
Toutes ces pistes donneront lieu à du très très bon avec Vera, ancienne danseuse exotique ne sachant plus quoi faire de sa vie entre volonté d’être mère et désir de remonter sur scène. Son désespoir est touchant et Olga Kurylenko est parfaite dans toutes ses scènes. Les scénaristes de cette story-line ont vraiment pris le temps de creuser le personnage et c’est, à mon avis, ce qu’il y a de mieux réussi. Les intrigues de Ike ne sont pas mauvaises non plus, mais elles s’avèrent souvent bancales. Heureusement, le charme de Jeffrey sauve le personnage de la platitude, lui apportant un côté sombre et manipulateur. La dernière scène de la série sur What a man m’a d’ailleurs mise un peu mal à l’aise, comme si le personnage nous montrait un nouveau visage.
Les enfants sont loin de valoir leurs parents question profondeur. Danny tire son épingle du jeu et son rêve de justice pourrait prendre plus de place dans la saison 2 alors que son père est en prison. Mais LE boulet, THE boulet, c’est vraiment Steve, le coureur de jupon qui tombe sous le charme de la femme du boucher. Soit il a deux neurones et pense avec sa b***, soit il a des tendances suicidaires. Parce que bon, ils pourraient partir ensemble n’importe quand. »Mais non, tentons le diable, prenons des photos cochonnes pour que ton mari tombe dessus, tu sais, ton mari, celui qui a tué un leader syndical et une prostituée. Je crois qu’être cocu, ça lui fera plaisir. » Surtout qu’il a du échanger trois mots avec son grand amûr! Surtout que le Ben est un perso bien sadique comme on les aime, complètement over the top en grand méchant.
Côté contexte historique, rien de bien intéressant sauf pour ceux qui ignorent que Cuba a connu une révolution communiste. D’ailleurs, aucune question un peu historique n’est creusée. Je plaçais pas mal d’espoir sur le grand-père juïf qui se revendique socialiste mais comme on préfère nous montrer des histoires d’amour niaises plutôt que de vrais personnages, ben pépé disparaît (trop) vite de la circulation. Il y a aussi le coup du vaudou qui apporte une touche d’humour à la série mais c’est tout.
Magic City nous promettait une ambiance mafieuse et un drama familial mais ne tient malheureusement pas ses promesses, préférant trop souvent des amourettes sans saveurs à des sujets plus risqués. Si vous n’aimez pas les acteurs, passez votre chemin, sinon, Olga et Jeffrey font du bon travail et ont des intrigues pas bêtes.



Et Starz oblige, les scènes de sexe peuvent aussi aider à faire « passer la pilule. »
Plus sérieusement, cette première saison était loin d’être parfaite, en partie pour les raisons évoquées dans l’article, mais j’ai globalement bien aimé, davantage pour l’ambiance, le style, les décors, la musique, malheureusement, j’ai envie de dire. On est loin de la finesse de Mad Men, mais Magic City est aussi très différente, moins subtile, lorgant plus vers le « gangster movie » par certains aspects et plus « soapesque » aussi.