Vu la date avancée de l’article, vous l’avez remarqué, moi aussi j’avais lâché Harry’s law en cours de route. Rien à voir avec la qualité ou les défauts de la série. Comme on dit, j’avais autre chose de plus urgent à regarder et la série n’étant pas au cœur de l’actu, je pouvais la garder pour l’été. Comme l’an dernier où j’avais découvert la saison 1. Passée par le petit trou pour une deuxième salve d’épisodes, Harry’s law et son public des maisons de retraite n’ira pas plus loin. Est ce dommage, est ce justifié ? Un peu des deux. Harry’s law c’est du David E. Kelley paresseux. La série a beau exceller par moments, on y retrouve les ressorts typiques du créateur. C’est terrible, car on veut à la fois de l’originalité et retrouver les tics ce qu’on aime chez ce scénariste. Un personnage excentrique par ci, une plaidoirie sur les dérives de l’Amérique moderne par là. Et sur la fin des répliques ironiques à peine voilées sur la situation vécue par la série. Une préparation surgelée livrée clés en main, le génie en moins mais la qualité toujours présente. Boston legal avait réussi l’exploit de regrouper le meilleur d’Ally McBeal et The practice. Il n’y avait pas besoin d’ajouter une quatrième série à cette trilogie judiciaire ayant renouvelé les contours de la série de prétoire.
Harry’s law malgré des défauts est pour moi une étape cruciale dans l’œuvre de David E. Kelley. Si la transformation de la série de la cave au grenier en début de saison 2 fut brutale, elle fut une vraie réussite. Même si elle a fini par ressembler à ces aînées, la liberté de ton des plaidoiries m’a toujours laissés sans voix. Prise de position sur le don de sang des homos, mise en lumière de la condition des albinos en Afrique,… Adepte des plantes vertes rapidement portées disparues sans raison, Kelley a réussi à donner de l’épaisseur à Casey. A la rendre attachante et intéressante alors qu’au départ, elle avait tout du personnage « kelleyrisable » après cinq épisodes, comme le fut pas mal d’avocats des trois séries citées précédemment. Autre argument, je surveillerai désormais de près Mark Valley. J’ai détesté cet acteur/ ses personnages et sa petite gueule carrée dans Boston legal, dans Fringe et dans le pilot de l’abominable Human target. Et là, oh miracle. Oliver Richard est un excellent personnage. Mieux, il arrive à être drôle, à sortir d’excellentes plaidoiries et à me décrocher un sourire par l’une ou l’autre réplique. Ça c’est fort ! Je ne pensais pas voir cela de mon vivant.
Evidement, Harry’s law c’est Kathy Bates. L’inoubliable héroïne de Misery. Elle a habité Harry Korn la blasée, comme elle a habité Annie Wilkes ou d’autres de ses personnages. A l’instar de Glen Close, Kathy Bates fait partie de ses actrices souvent sous estimées mais dont il est impossible d’ignorer leur talent à l’écran. Méritait elle mieux qu’Harry’s law ? Sans doute, mais la série ne fera pas tache dans sa filmographie.
L’annulation d’Harry’s law prouve aussi la grande complexité du système télévisuel américain. La clé du succès ce sont les 18- 49 ans. Sans cette tranche de la population, une série n’est rien. Globalement Harry et ses associés s’en sortaient bien. Mais ils n’étaient pas assez jeunes, ni sexys et pour exister et ils se devaient de séduire les « jeunes ». Paradoxe, le public télé est majoritairement âgé. Et vu la situation économique, les personnes plus âgées ont souvent plus d’argent à dépenser qu’un jeune diplômé en recherche active d’emploi. Enfin bref, je ne vais pas polémiquer, ni défendre à l’extrême la série. J’ai bien aimé Harry’s law, mais la série n’était pas indispensable et ne devrait pas me manquer. Je suis néanmoins content de l’avoir suivi. Elle aura contribué à mon sevrage lié à la fin des aventures d’Alan Shore et de Denny Crane. Là c’était du tout grand David E. Kelley !



J’avoue que j’ai eu du mal avec Harry’s Law, je n’ai vu que les 10 premiers épisodes, ils sont pour la plus part pas très bon, un peu ennuyeux je trouve pour un procédural cependant je garde la saison 2 dans les cartons si j’ai du temps un jour de la reprendre.
C’est vrai que David E. Kelley est très bon, je peux l’affirmer avec Ally Mcbeal grâce à l’excellente Calista Flockhart, après je sais pas trop pour ses autres séries, j’ai vu le pilot de The Practice qui était bien mais pas assez pour rattraper 8 saisons.
La saison 1 et 2 de Harry’s law sont très différentes l’une de l’autre. C’est assez étrange et en même temps pas si perturbant. Pour The practice, cette série est d’une grande intelligence. L’une des rares séries où tu entends les plaidoiries du procureur et de la défense et tu n’arrives pas à choisir car elles sont toutes les deux justes. Il serait bête d’en rester au pilot. Les pilots sont rarement les meilleures épisodes d’une série… sinon on aurait fait un film sur base du scénario et pas une série sur 5, 6, 7, 8 ans. Mais je te comprends, se lancer dans une série qui a disparu depuis pas mal de temps, ce n’est pas non plus mon truc. Quitte à louper de grandes séries. Si tu es pour te lancer dans une autre série de David E. Kelley, je te conseille Boston legal. La série regroupe les meilleures qualités d’Ally McBeal et de The practice. A la fois totalement barrée et des prises de positions fortes sur les sujets de société.
J’aime bien le dernier paragraphe de l’article sur le public majoritairement vieux ça me rappelle un épisode de Boston Legal (saison 4 je crois) ou la folle Catherine Piper cherche désespérément une occupation et veut faire un procès pour passer le temps. Après des idées particulièrement farfelues c’est sur les chaines de télévision que la plainte tombe sur le prétexte que les vieux n’ont rien à regarder alors qu’ils sont plus nombreux. Je crois aussi que c’est un des meilleurs épisodes de Karl Sack.
C’est l’une des dernières plaidoiries de la série… qui forcément se plaignait également de son annulation car regardée par un public trop agée. Formidable série !