Série haute fidélité

Devons nous ou pas lâcher une série quand elle ne nous satisfait plus? C’est un sujet compliqué pour les fans de série. Car ça fait forcément référence à l’affectif. Je ne vous parle pas d’arrêter de regarder une nouveauté après quelques épisodes. Non, je vous parle en cette saint Valentin de la bonne grosse rupture avec une partenaire de (plus ou moins) longue date. Comme en amour, ce n’est pas toujours facile. Je suis toujours partagé entre honte et culpabilité à l’idée d’arrêter des séries en cours de route. Il y a encore quelques années, ça ne me venait pas à l’esprit. Je voulais tout voir, du début à la fin sans rien rater. Quitte à m’ennuyer la plupart du temps durant les dernières saisons. Ce fut le cas pour Desperate housewives, avant de finir par lâcher prise deux saisons avant la fin. Trop, c’est trop. Désormais plus sélectif, j’ai viré  en début de saison Grey’s anatomy et Vampire diaries de mon planning, presque sur un coup de tête. Et elles ne me manquent pas. (Lire la suite…)

Pilot : 666 park avenue, même pas peur

Bienvenue au Drake, hôtel particulier luxueux où les locataires vendent leur âme au diable pour assouvir leurs désirs les plus chers. Les présentations sont faîtes à la va vite. Normal, l’histoire, on la connaît. C’est Rosemary’s baby, c’est L’avocat du diable mais aussi talentueux qu’il est, Terry O’ Quinn n’est pas Al Pacino. Et Rachael Taylor est encore moins Mia Farrow. Dave Annable garde toute ma sympathie. Ça fait un bail depuis Reunion (2005) et on a toujours l’impression d’avoir le même personnage sous les yeux. Hello, Justin Walker. Vanessa Williams retrouve un peu de sa classe d’Ugly Betty, perdue à Wisteria lane. Le diable s’habille bien en Prada, non ?

A peine lancée, la série se tourne vers des histoires unitaires à propos des locataires damnés et ce n’était pas bien intéressant. Difficile d’avoir peur pour eux quand on ne les connaît pas. La vraie angoisse serait de retrouver à chaque semaine le locataire du jour, accompagné d’effets spéciaux discutables. Je l’admets, c’était un peu plus drôle pour l’accident de l’ascenseur. Mater sa voisine est un bien vilain défaut. Ne pas convoiter une autre femme, ça fait partie des dix commandements si je me souviens de ce film avec Charlton Heston, à moins que ce ne soit dans la bible.

Tout bien réfléchi, 666 park avenue m’a fait penser à une version série de la maison hantée de Disneyland. Évidemment ça ne fait pas peur, à moins d’avoir moins de 12 ans. J’aurai aimé une ambiance plus mystérieuse et oppressante au lieu d’un fantastique sans originalité. Seul espoir, gratter autour de la secte occulte. Là il y aurait pas mal de trucs à raconter et ce genre de cérémonie en toge noire, invoquant satan. Ça m’a toujours fait flipper. Du calme, on est sur ABC. On ne va pas sacrifier des vierges et égorger des enfants. Ce serait bien trop marrant.

Un pilot étant rarement le meilleur épisode d’une série (sinon, il n’y aurait pas besoin de suite), je vais laisser le bénéfice du doute à 666 park avenue et laisser quelques semaines passer avant de me prononcer définitivement. Sauf si l’audience s’en charge avant moi.

Political animals, La soupe Clinton

USA network serait elle la chaîne US qui monte dans mon top séries ? La géniale Suits l’été dernier, toujours aussi cool cette année. Et aujourd’hui Political animals. Une affiche de rêve qui n’est plus un secret. Et comme on dit dans les films, cette histoire est une fiction, toute ressemblance avec le clan Clinton serait purement fortuite.

Soignons clair dès le départ. Derrière cette mini série, on retrouve Greg Berlanti (Everwood, Brothers and sisters), il ne faut donc pas espérer une écriture de la finesse de The west wing ou l’éclairage « historique » des Kennedys. Political animals est un soap familial sous fond de politique, il faut l’accepter. Et ensuite on peut être déçu. Déçu car ce premier épisode est filmé comme un téléfilm bas de gamme, il manque d’ambiance, d’émotions, de grands moments intenses. Cet épisode a le cul entre deux chaises. Pas assez intelligent pour être qualitatif, pas assez soap pour être un guilty pleasure. Ça m’a rappelé les premiers épisodes de Brothers and sisters. De bons acteurs, de bons personnages, mais il manquait de vraies bonnes histoires pour lier l’ensemble. Il a fallu, 8, 9, 10 épisodes à B&S pour y arriver et Political animals n’a pas ce temps là. C’est une mini saga en six épisodes qui, si les audiences sont suffisantes, pourrait devenir une bonne petite série à condition de lui laisser le temps. Je ne la vois pas trop prendre ce chemin.

J’ai bien aimé ce premier épisode, ce n’est pas fondamentalement mauvais, on peut clairement sauver le potentiel. Mais ce premier épisode a  un nombre incalculable de défauts en plus de ceux déjà évoqués. On n’a pas le temps de s’attacher au casting, il y a d’énormes raccourcis et on nous balance des crises à la fois familiales et internationales comme si c’était la routine. Si la série peut à moitié s’en sortir sur le drama familial (en étant généreux comme je peux l’être pour ce type de série), le traitement géopolitique est une grosse farce, à l’image de la ridicule réunion dans la crisis room. Berlanti pioche un peu trop dans ses précédentes productions. Le dîner de fiançailles ressemble à crever aux dîners de Nora Walker, TJ est un mix (pas si mal réussi) entre Justin et Kevin, j’aurai adoré voir le personnage de journaliste de Carla Guigino fourrer son nez dans les affaires de Kitty et Robert. Et comme on n’est pas sur un grand network, on nous jette à la figure un peu de sexe et de coke pour en avoir pour notre argent. Que dire aussi de ce fantastique casting, car oui sur papier c’est un casting extraordinaire. A l’écran, il n’y a pas d’étincelles. Adrian Pasdar n’a rien de présidentiel, Dylan Baker, Elaine Burstyn et d’autres sont sous utilisés. James Wolk est trop Mr. Perfect au point d’être insipide. Et Sigourney Weaver n’impose pas sa stature, alors qu’elle en a les moyens.  L’effet de miroir avec Hilary Clinton est lui très réussi, ça en devient parfois gênant tellement il y a une ressemblance. La relation Bill et Hilary ressemble t’elle à ça en coulisses ? Même la relation entre Barrish et son président est une copie d’Obama/ Clinton.  On finit par avoir mal pour l’original tellement elle est plagiée et caricaturée.

Après avoir tout dit, le verdict est plus positif que l’article ne le laisse penser. Je ne suis pas à 100% conquis, mais ça passe le barre des 50%. Il y a du potentiel, pourra t’il éclore ? C’est une autre discussion. Pour l’heure, je suis curieux de voir comment les personnages vont évoluer, combien ça peut devenir mauvais. Et c’est six épisodes, pas de quoi trop s’investir, alors je prends.

Fêtes des pères, fêtes des mères en séries

J’avais loupé la fête des mères. Je ne raterai pas la fête des pères sur le blog. Pour célébrer aujourd’hui cette tradition familiale en Belgique (et dans une semaine un peu partout dans le monde), je vous dresse un petit tableau des pères, mais aussi des mères dans les séries télé. Les pires et aussi les meilleurs.

La fête des mères :


Nora Walker (Brothers and sisters) : Nora, c’est l’archétype de la mère des séries télés. Présente, un peu trop envahissante dans la vie de ses enfants, agaçante, cordon bleu au frigo magique qui ne désemplit pas. Et puis Sally Field quoi ! Sally Field !

Virginia Chance (Raising hope) : Elle pourrait être la plus intelligente de la bande. Un bon sens de la répartie et du sarcasme n’auront pas été de trop pour élever son fils… et son idiot de mari du mieux qu’elle a pu. Avec tendresse et les meilleures intentions du monde. Virginia aime aussi sa petite fille sans condition. Un joli portrait de maman et elle n’a pas oublié d’être drôle. (Lire la suite…)